Shining (1980)
C'est ma première critique du blog et je me suis dit que pour coller au thème de Halloween, il fallait que j'ouvre le bal avec un classique du cinéma d'horreur, qui - en plus - me faisait de l'oeil depuis pas mal de temps, j'ai nommé « Shining » de Stanley Kubrick, un film paru en 1980.
Il y aura quelques spoilers mais ceux-ci datent d'il y a presque 40 ans, alors ne m'en voulez pas.

Le film se déroule dans un hôtel situé dans un coin perdu des États-Unis et non-accessible en hiver, forçant le personnel et le directeur à confier les lieux - pendant quelques mois - à Jack Torrance, sa femme et leur enfant. Il faut en effet un gardien sur place pendant la fermeture temporaire de l'établissement, une opportunité en or pour le père de famille d'obtenir un peu de tranquillité, lui qui espère démarrer l'écriture de son premier
livre et entamer une carrière dans la littérature après avoir arrêté
d'enseigner. Sauf que ce qui aurait pu être un hiver paisible et riche en inspiration, va vite se transformer en cauchemar.
Vous le savez sûrement, il existe différents types de film d'horreur et à mon sens, Shining surf sur deux genres : l'horreur psychologique et d'ambiance.
Ce n'est pas un film qui fait à proprement sursauter. Par ailleurs, bien que l'on retrouve des éléments qui engendrent la peur, ceux-ci sont dosés de telle manière qu'on est davantage dans l'appréhension que dans une réelle angoisse. On a l'impression que le réalisateur souhaite aller crescendo dans la frayeur et préfère d'abord nous introduire dans cette terrible histoire par petits morceaux avant de mettre le paquet sur les trente dernières minutes. Ainsi, difficile de prendre réellement peur quand le fils de Jack Torrance voit des sœurs jumelles décédées... puisqu'on ne s'attarde pas vraiment là-dessus. Tout comme ce n'est pas évident d'avoir peur quand le père de famille se met à parler avec des esprits, car la manière dont la scène au bar (notamment) est amenée laisse croire que l'hôtel est détendu et qu'il y a encore du monde, alors que l'on sait en réalité que non et que cela se passe dans sa tête. Il s'agit de deux exemples parmi d'autres qui montrent qu'effectivement, il y a des fantômes et qu'un des membres de la famille est devenu fou (le père), mais que l'objectif ici semble uniquement de poser les bases du cauchemar à venir.
Cependant, n'allez pas croire que le film est accessible aux âmes sensibles, si on fait un minimum attention, certaines choses peuvent glacer le sang ; notamment les anecdotes à propos de l'établissement. L'hôtel fut construit sur un ancien cimetière indien, il fut le théâtre d'un carnage familial et quand on appuie bien sur le fait qu'il est situé dans un coin perdu, qu'une tempête en cours empêche toutes communications par téléphone, on sait que tout est en place pour qu'un massacre puisse de nouveau se dérouler sans que personne ne puisse intervenir pour défendre une femme et un enfant qui n'ont rien demandé à la base. Stanley Kubrick est super sur ce coup-là (et sur pleins d'autres) puisque les personnages sont stéréotypés jusqu'au bout ; la femme de Jack Torrance est typiquement la dame fragile, aussi bien physiquement qu'émotionnellement, incapable de répondre à son homme, de hausser le ton, de s'imposer et on voit dans le film qu'elle ne fait que subir face à son mari. L'enfant n'est pas mieux, il est réservé au point d'avoir un ami imaginaire et s'évanouit à plusieurs reprises, signe d'une santé délicate. Là où Jack Torrance est à l'opposé, sûr de lui, intelligent, autoritaire et intimidant. On sait que s'il se passe quelque chose, le rapport de force est tellement déséquilibré qu'il vaut mieux pour la femme et l'enfant de fuir se cacher dans ce labyrinthe de couloirs et de chambres.
Je parlais de moments glaçants et bien personnellement, c'est celui où il dit à sa femme « Quand je
suis venu pour l'entretien, j'ai eu l'impression de connaître ce lieu
toute ma vie, je savais quelle pièce m'attendais à chaque virage ». On comprend qu'il est possédé et qu'il ne s'agit que d'une question de temps avant le début des problèmes.
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| J'ai fait la même tête après le succès de "Djadja" d'Aya Nakamura. |
Il y a pas mal de scènes qui sont incroyables, parfois dérangeantes et angoissante ; celle avec la grand-mère en mode zombie m'a dégoûté, ceux où le gamin est sur son petit tricycle et que la caméra est située derrière lui, nous empêchant de voir sur quoi il va tomber, font légèrement peur, on se dit qu'il y aura des "jump scare" ; la scène où madame Torrance voit que son mari a écrit la même chose +2000 fois est juste superbe, elle a la confirmation qu'il est devenu fou. Puis merde, son mari apparaît derrière elle, comme un animal qui revient sur son territoire et voit sa future proie, c'est juste flippant. Je n'oublie pas la scène avec le délire "redrum" ("murder" à l'envers, mais également un terme que des malades utilisent aujourd'hui pour tuer et démembrer des gens sur internet), j'avoue que ça m'a un peu sorti du film.
En parlant de ça, une grosse mention au gamin qui est bien terrifiant quand il prend la voix de son
ami imaginaire. Un gros bravo à Jack
Nicholson, en plus d'être sinistre, son
visage et ses expressions sont dingues, la scène où il passe sa tête à
travers la porte (voir le poster du film) est mythique, même chose
quand il commence à geler en fin de film.
Dernier point concernant Shining, la bande son est juste géniale. Entre les premières notes du film qui donnent le ton d'un truc pesant qui va arriver et les musiques que l'on entend à l'hôtel, notamment quand le gamin fait du vélo, c'est un régal.
Conclusion : Un gros film clairement, je ne regrette pas de l'avoir vu ! Il est un peu long mais surtout lent, certaines scènes manquent de dynamisme, mais j'ai l'impression que c'était courant à l'époque, on avait la même chose dans « The Deer Hunter » (« Voyage au Bout de l'Enfer » en VF). Aujourd'hui, les films sont plus dynamiques, tout semble accéléré, donc ça peut déranger ceux qui ne sont pas habitués aux anciennes fictions. Mais ça n'en reste pas moins un classique, je comprends le succès désormais et l'approuve.

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