The Boys : Saison 1 (2019)

Ceux qui ont eu la curiosité de cliquer sur mon profil Blogger, savent que j'ai une vraie passion pour les comic books américains et notamment les super-héros. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, je n'ai regardé que peu de fictions mettant ce genre de personnages en avant. Il faut dire que très peu d’entre elles ont réussi à me séduire ; me convaincant que ce n'était pas (plus ?) une priorité pour moi. Sauf qu'il y a une série qui fait beaucoup de bruit actuellement, à tel point qu'il m'a été difficile de l'ignorer, j'ai nommé « The Boys ».

Attention, beaucoup de spoilers.

Je viens de regarder la première saison via Amazon Prime Video et il y a vraiment pas mal de choses à dire là-dessus ; sachez d'abord qu'il m'arrive souvent d'éviter les bandes-annonces, afin de découvrir l’œuvre directement via le visionnage. C'est ce que j'ai fait et j'étais tout simplement sur le cul !

Dans The Boys, on suit un petit groupe en quête de vengeance - pour divers raisons - qui tente de faire tomber l'entreprise Vought, qui gère et vend l'image de "ses" super-héros à travers les médias et la politique. Là où ça devient intéressant, c'est que la série met le focus sur l'intimité des super-héros et révèle la face cachée de l'iceberg que le grand public ne voit pas, c'est-à-dire le business créé autour de ces figures quasiment messianiques. Dès lors, on se fait une idée des valeurs qu'ont ces personnages, on découvre leur vraie facette et le double-jeu qu'ils mènent. Le rapport de force totalement déséquilibré entre les deux camps qui s'opposent vient ajouter un peu d'excitation notamment sur l'issue finale que peut offrir cette série.

Cependant, The Boys ne se résume pas qu'à cela, disons que son point fort, c'est qu'elle rompt avec toutes les idées que l'on peut se faire des séries de super-héros. Ce n'est pas parce qu'on a de tels personnages que l'on va forcément regarder une série avec des sauvetages et une morale gentiment offerte par un pseudo Superman qui n'a jamais rien eu à se reprocher. Par ailleurs, le groupe mis en avant est une pâle copie de la Justice League et c'est totalement assumé pour justement faire mieux le contraste et appuyer sur le fait qu'ils n'ont rien d'héroïque.

Une sorte de Justice League du mal.

Entre chantage, manipulation et intimidation, on peut effectivement se rendre compte - dès le premier épisode - qu'ils n'ont rien en commun avec leurs homologues de chez DC Comics. L'espèce de Superman que l'on voit au premier plan (voir l'image ci-dessus) est tout simplement effrayant, on sent qu'il peut décider d'un instant à l'autre conquérir la planète et mettre le monde à genoux s'il le souhaitait ;  l'homme le plus rapide du monde ne l'est pas en réalité et utilise une drogue pour rester en tête d'affiche ; le pseudo Aquaman compense le manque d'attention à son égard pour profiter sexuellement d'une nouvelle venue  ; l'homme translucide se permet d'espionner et de regarder les femmes en cachette... bref, je pense que vous l'aurez compris, on a une belle bande d'enfoirés. Quand j'y pense, les deux seuls membres de l'équipe qui ont bon fond sont les deux jeunes femmes 😂

Tous les personnages ne sont pas extrêmement développés, on sent que la production en garde sous le coude pour de prochaines saisons, comme c'est le cas avec Black Noir.

Malgré tout ce que je viens de dire et pour peu que vous ayez un cœur, arrivera le moment où vous serez triste pour eux. En effet, l'un des autres gros point fort de la série, c'est cet équilibre presque parfait entre l'action, l'humour, la romance et le drame. Tout est bien dosé et amené pour que malgré leurs agissements, on se prend à avoir pitié d'eux. Le Homelander a ainsi beau être tout puissant, il est surtout seul au fond de lui et voit sa patronne comme une figure maternelle et cherche très souvent du réconfort auprès d'elle. Translucent meurt en laissant un fils derrière lui ; Deep est envoyé au fin fond du pays pour ne pas abîmer l'image de marque après avoir abusé sexuellement de Starlight et fait vraiment de la peine quand il arrive sur place et se rend compte de sa nouvelle vie. Je ne vais pas évoquer tout le monde, mais je pense que vous avez saisi l'idée.

Ce qui est bien dans The Boys, c'est que les "gentils" ne sont pas mieux.

Les Boys.

D'une certaine manière, c'est tellement rafraîchissant de ne pas avoir cette éternelle opposition stéréotypée entre "gentils" et "méchants", on s'évite ainsi une énième confrontation fade avec tout un tas de discours et morales propres aux fictions - j'ai envie de dire - basiques. Ici, les personnages recherchent surtout une vengeance et non pas la justice ; ils savent qu'ils ne l'auront pas et qu'ils doivent procéder différemment et batailler sur un autre terrain, quitte à franchir la ligne rouge et commettre des meurtres. Ce qui est bien, c'est qu'on ne sait pas trop ce qui peut arriver, mais on sait que tout peut se produire.

Je me suis tellement attardé sur les personnages qu'on pourrait croire que la série se limite à cela, alors qu'elle a d'autres atouts dans sa manche et en profite également pour dénoncer certains vices de notre société, notamment le consumérisme poussé à l'extrême.

Pendant la majeure partie de la saison, l'accent est mis sur le fait que Vought est une machine à fric et voit ses super-héros comme des "vaches à lait", qu'elle rentabilise parfaitement d'ailleurs. Elle vend énormément de produits dérivés et se lance même à la conquête du cinéma. Dans la série, le succès est au rendez-vous, les gens consomment et réclament toujours plus de super-héros, ils aiment et idolâtrent ces personnages. C'est assez flippant mine de rien, car je sais qu'au fond, c'est du copié/collé sur de qui existe déjà dans la vraie vie, on en est là. Outre l'argent généré par Vought, un autre aspect est mis en avant, l'image de marque. L'entreprise fait tout pour être populaire auprès des actionnaires mais aussi des clients et du monde entier en règle générale, elle n'hésite pas ainsi à recadrer ses super-héros, leur offrir de nouvelles tenues (parfois légères), les forcer à participer à des conventions et donner des interviews, malgré le fait que leur intérêt premier était de profiter de leurs pouvoirs pour sauver des vies. Une des scènes qui m'a le plus frappé, c'est le moment où Starlight se fait gronder pour ne pas avoir utilisé sa tenue... alors qu'elle venait pourtant de sauver une femme d'un viol en réunion. Comprenez par-là qu'il fallait absolument que le monde sache qu'il s'agissait de Starlight pour que l'entreprise gagne des "likes" sur Instagram et les autres réseaux sociaux. C'est à la fois frustrant et écœurant.

Conclusion : Généralement, les productions de ce genre se ressemblent à tel point que j'en fait très vite une overdose, mais The Boys est différent des autres fictions et se révèle comme une réelle bouffée d'air frais. La deuxième saison étant disponible, il m'est inutile de vous dire que je vais me jeter dessus. La fin de la saison et la grosse surprise du dernier épisode m'a laissé sans voix ; allez jeter un coup d'oeil si ce n'est pas déjà fait.

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