The English Game (2020)
C'est le sport le plus populaire du monde et pourtant, peu de personnes peuvent se targuer de connaître les origines du football. Quoi de mieux alors, qu'une petite fiction "made in Netflix" pour apporter un peu de lumière sur la genèse du jeu ? C'est ce que propose The English Game, le tout en seulement six épisodes.
The English Game prend place durant le dernier quart du XIXe siècle, une époque où le football n'en est encore qu'à ses balbutiements et est quasiment réservé aux plus riches. C'est après un match de FA Cup opposant Old Etonians face aux modestes ouvriers de Darwen, que le jeu bascule et s'ouvre davantage aux plus modestes. C'est parallèlement la naissance du football professionnel, Darwen ayant payé un très bon joueur écossais pour s'assurer ses services, ce qui engendre quelques tensions dans une société fracturée par les inégalités sociales et où les prolétaires - qui jouent également au football - peinent à tenir financièrement au quotidien.
Ce simple aperçu du scénario donne une idée de ce qui est proposé dans la série.
The English Game se permet en effet de donner brièvement une certaine vision d'une Angleterre de l'époque à travers la lutte des classes (sociales), mais n'oublie pas pour autant le football et offre ainsi une sorte de biopic centré notamment sur les personnages d'Arthur Kinnaird, Fergus Suter et Jimmy Love.
En ce qui me concerne, c'est exactement ce que j'attendais.
J'ai peu de choses négatives à dire sur The English Game, si ce n'est que j'ai eu l'impression que le football - bien qu'au cœur de la série - n'était pourtant qu'un prétexte et que l'objectif réel était d'utiliser les personnages pour raconter une histoire plus romancée. Je sais, ça paraît fou, tant la série a été vendue autour de la naissance de ce sport. C'est la sensation que j'ai eu, de même que je trouve que Netflix a manqué d'ambition. Je veux dire par là qu'au final, The English Game ne nous apprend pas grand chose. Tout le monde se doute bien le football de 1879 ne ressemble pas à celui de notre époque et qu'il n'y avait pas de maillots sponsorisés, des stades à plusieurs milliers de places et que les règles du jeu ont évolué entre temps. Mis à part faire connaître les protagonistes (et encore, il est dit que Netflix a pris beaucoup de libertés) et nous plonger dans le passé, je ne trouve pas que la série apporte grand chose au final.
Par rapport aux histoires offertes tout au long des six épisodes, j'ai eu du mal avec les relations Doris/Jimmy et Fergus/Martha, notamment accepter l'idée qu'ils pouvaient se montrer aussi proche les uns des autres, jusqu'à se marier aussi vite. Je sais bien qu'il y a des ellipses vu qu'il s'agit d'une mini-série, et que développer des rapports entre les personnages aussi vite n'est pas aisé, mais c'est tout de même quelque chose qui m'a dérangé, j'ai trouvé cela forcé.
Néanmoins, comme je l'ai dit précédemment, c'est bien les seules reproches que je peux faire à la série, car elle n'en reste pas moins plaisante à voir et a beaucoup de points positifs à mon sens.
J'ai par exemple, trouvé sympathique l'idée de donner le rôle des joueurs écossais à des acteurs... écossais. Ils avaient ainsi un accent authentique et moi qui regarde généralement les séries TV en VO, j'ai eu bien du mal à suivre ce qu'ils disaient, je trouve que les écossais parlent généralement plus rapidement et ont une voix plus aigue que les anglais. Je sais que c'est tout bête et que je viens de pondre un paragraphe sur une question d'accent, mais c'est des détails que j'apprécie en règle général et que j'aime relever. D'ailleurs, la voix de Jimmy Love est superbe, je pourrais l'écouter en boucle toute la journée sans saturer 😂
Pour rebondir sur le paragraphe ci-dessus, je dois dire que j'apprécie beaucoup le casting, j'ai bien aimé les acteurs, je sentais beaucoup d'expérience, ça jouait bien. Je n'ai aucune prétention pour juger leur travail, mais il m'arrive parfois d'avoir du mal avec certains acteurs, mais ce n'était pas le cas sur The English Game. J'ai en revanche, bloqué sur Gerard Kearns, mais c'est parce qu'il ressemble un peu à Pierre-Emile Højbjerg et étant fan de Tottenham, je n'arrêtais pas de penser au joueur 😂
Ce qui m'a le plus plu, c'est l'écriture des personnages. Ils sont globalement tous vendus plus complexe qu'ils n'y paraissent. Arthur Kinnaird en particulier, dont on a l'impression qu'il s'agit d'un mauvais type, qu'il est le rival de Fergus Suter, mais qui montre toute son élégance et le grand cœur qu'il a, au fil des épisodes. Je pourrais également citer Tommy Marshall, qui passe pour quelqu'un de nerveux, à la limite de péter des câbles (il fracasse d'ailleurs le tibia de Jimmy Love), mais on le voit culpabiliser par la suite, s'excuser et à travers sa passion pour le football, on remarque tout l'amour qu'il porte à sa petite ville de Darwen en refusant de jouer pour Blackburn. J'aime beaucoup ce traitement des personnages, qui ne sont pas totalement bon ou mauvais. The English Game nous rappelle qu'ils sont humains, qu'ils ont leurs défauts et que personne n'est soit blanc, soit noir, mais nuancé.
Conclusion : Bien que cela puisse paraître étrange et paradoxale, je trouve que The English Game n'est pas une fiction à conseiller aux "footeux". J'ai beau aimer le football, j'avoue avoir une sale image des supporters. Plus je discute avec (certains d'entre) eux, plus j'ai envie de changer de sujet. Comment leur conseiller de regarder The English Game, alors qu'ils ne jurent que pour les stars du ballon rond et le spectacle qu'il peut y avoir sur les pelouses ? Cette série est une fiction avec un côté "documentaire", à l'image de ce qu'on a dans les biopics. De la même manière qu'ils ne connaissent pas et n'ont rien à faire du Crash de Munich ou de la Catastrophe d'Hillsborough, je ne pense pas qu'ils s'intéresseraient à la naissance de ce sport. D'autant plus, comme je l'ai dit, que The English Game offre davantage une histoire romancée, qu'un focus sur le football.
Je n'aime pas trop noter, mais si je devais donner une note, ce serait 5/5.
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