Massacre à la Tronçonneuse (1974)
J'ai ouvert le bal des films d'horreur en ce week-end de Halloween avec Shining (1980) et bien continuons avec un autre classique du cinéma dans un autre registre, ce que les américains appellent un "slasher film" : « Massacre à la Tronçonneuse » de Tobe Hooper, film paru en 1974.

Là aussi, il y a pas mal de choses à dire, mais je vais d'abord vous raconter brièvement l'histoire.
Nous suivons cinq jeunes adultes (ils doivent avoir entre 18 et 25 ans) qui se baladent au Texas dans un minibus, ils veulent juste prendre du bon temps et s'arrêtent à une station service qui ne peut - malheureusement pour eux - les dépanner car il n'y a plus d'essence. Ils profitent du peu de carburant qu'ils leur reste pour aller dans la maison d'enfance de deux d'entre eux qui est à quelques minutes de là, Sally et Franklin étant frère et sœur. Sauf que... c'est un coin perdu et le (seul) voisin des lieux n'est pas net du tout.
Premièrement, on peut dire qu'à l'image de Shining, il y a un gros travail autour de l'ambiance que le film doit retransmettre. Ça se passe pendant un été, ce qui fait que le moral des protagonistes est déjà entaché à cause des fortes températures ; l'action se déroule dans un coin perdu qu'ils ne connaissent pas, ce qui signifie que personne ne pourra vraiment les aider s'il se passe quelque chose ; le fait qu'ils n'ont plus de carburant nous montre bien qu'ils n'auront aucun moyen de fuir. Autant d'éléments qui appuient sur l'idée que l'environnement n'est pas des plus idéals et c'est ce qui fait que l'on a plus ou moins peur pour eux alors même qu'il ne se passe pas grand chose au début du film.
N'empêche que si le film de Tobe Hooper est resté dans la mémoire collective comme étant l'un des plus grands film d'horreur de l'histoire du cinéma, c'est aussi - et surtout - pour l'image qui nous vient en tête lorsqu'on pense au film, cette fameuse tronçonneuse qu'utilise le grand cinglé pour tuer ses victimes. C'est l'outil tranchant par excellence, tant par le bruit que notre cerveau interprète comme un "potentiel" danger que par le fait que cela coupe tout, rendant les chances de survies nulles si on est touché par cela.
Un mot sur les personnages qui personnifient un peu l'image que l'on a des jeunes adultes naïfs, qui pensent que le monde est tout beau et gentil. Les voir se séparer dès le début (parce que deux d'entre eux veulent se baigner dans l'eau ; un lac étant situé à une centaine de mètres) alors qu'ils ne connaissent pas bien les lieux, aller dans des maisons qui semblent abandonnées, entrer tour à tour dedans, au lieu d'y aller en même (parce que quitte à y aller, faites-le ensemble quoi) ; ça accentue cette idée que s'il se passe quelque chose, les pauvres, n'y pourront rien y faire.
Je ne vais pas tous les présenter (parce qu'ils n'en valent pas la peine), mais celui qui est en fauteuil roulant (Franklin) est détestable à un point... Ça m'a exaspéré de voir sa réaction digne d'un gamin de six ans, parce que les autres semblent s'amuser, alors que lui a dû mal à se déplacer. Surtout que quelques secondes avant, ils étaient prêt à l'aider et le pousser mais il a refusé et essayait d'analyser le peu de sang qu'il y avait sur leur minibus, tout en essayant de ne pas croire à ce qui était dit dans un bouquin d'astrologie (oui, il a bien fait une fixette sur un truc aussi con que ça). Le pire, c'est à la fin où il refuse que sa sœur aille chercher les autres pour... qu'il ne reste pas seul. On pourrait se dire "c'est normal, il est handicapé" ; mais non, il ne veut pas être seul parce qu'il a peur, il a plus peur pour lui que pour sa sœur... à qui il demande ensuite égoïstement à ce qu'elle le pousse plus vite au milieu des hautes-herbes, comme si c'était évident pour elle.
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| R.I.P. les gars. |
Pour ce qui est du méchant et de l'histoire en elle-même. J'ai été assez surpris, je pensais que le gars à la tronçonneuse allait les débusquer un par un, mais il s'avère finalement qu'ils vont les uns après les autres à lui et pour quelqu'un comme moi qui n'avait jamais vu le film, je dois dire que je suis assez surpris et ça enlève ce côté horrifique que l'on a dans le type "survival" où la mort va les chercher un à un. On a bien eu une course poursuite avec Sally, mais c'est trop peu quand on sait qu'il y a cinq victimes. Sinon, il n'y a pas à dire, il est plutôt flippant, de part sa carrure, ses réactions presque sauvages et son masque, que l'on comprend vite qu'il est fait de peau humaine. Sa maison est macabre, dégueulasse, on a envie de vomir avec tous les ossements humains et d'origine animal qui traînent dans les pièces, les morceaux de peau qui servent de décoration ; on peut carrément se faire une idée de l'odeur qui doit être atroce, plus que celle du poissonnier au marché (je ne pensais pas écrire cela un jour).
Mais le pire, c'est de savoir que cet homme n'est pas un cas isolé et qu'il a une famille, tout aussi folle que lui. Entre le frère qui est complétement fou et sans éducation (le même gars qu'ils ont accepté de prendre en stop en début de film), le père qui a beau être civilisé mais qui se sert de sa couverture pour cacher cette horrible vérité qu'ils sont cannibales et le grand-père qui a aussi un masque fait en peau. C'est ça qui est flippant, je trouve. Ce n'est pas le fait qu'un gars tranche et découpe des corps (même si c'est déjà horrifiant en soi), c'est le fait qu'on a tout une famille qui est l'auteur de plusieurs autres victimes en amont de ce qu'il se passe dans le film et que rien ne les a amené à se dire que c'était mauvais de faire ça et que rien ne les a arrêté jusqu'ici.
Maintenant, je repense au début du film où ils achètent des grillades à la station service du père de famille cannibale et bien... je croise les doigts pour que c'était du bœuf.
Conclusion : Gros classique là aussi, je ne regrette pas de l'avoir vu. Par contre, on sent vraiment que le film a vieilli, il y a des scènes où - malgré les plans de caméras - on voit clairement que l'acteur ne vise pas vraiment les corps et attaque à côté, comme Moussa Sissoko quand il est devant les cages adverses sous le maillot de Tottenham. Ce qui me fait remarquer que le film n'avait qu'un faible budget à l'époque et qu'en ce sens, ils n'avaient probablement pas les moyens d'utiliser des mannequins pour certaines séquences. Mais cela n'est qu'un détail et ne nous sort pas trop du film.
Note : 4 sur 5

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